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Saint Etienne de Hongrie

(Code: 33071)
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Saint Etienne de HongrieMarie-Madeleine de Cevins

Les Français ignorent superbement Etienne de Hongrie ou ne se font de lui qu'une idée caricaturale : celle d'un païen à la tête de hordes sauvages, qui se serait soudain converti à la religion du Christ en entraînant ses guerriers avec lui. Il mérite pourtant mieux que cette image sommaire car il a l'envergure d'autres bâtisseurs d'empires du Moyen Âge, tels Clovis, Charlemagne, Guillaume le Conquérant, Otton Ier ou Vladimir le Grand.

Mille ans avant l'entrée de la Hongrie dans l'Union européenne, c'est lui qui a amarré au monde occidental le bassin des Carpates où les Magyars avaient fini par élire domicile au tournant des IXe et Xe siècles. Déjà le prince Géza, père d'Etienne, amorça vers 960/970 un revirement complet en sédentarisant son peuple, en choisissant le baptême dans le rite latin, en entamant l'évangélisation de ses compagnons et en recherchant la paix avec le puissant Saint Empire.

Après avoir conquis le pouvoir par les armes en 997, son fils Etienne obtint du pape la couronne qui marquait sa reconnaissance comme roi chrétien, avec l'accord de l'empereur Otton III. A l'intérieur, il s'imposa, par la force ou par la persuasion aux tenants des traditions ancestrales des Magyars : la fédération de tribus laissa place à un véritable royaume. La conversion du peuple à peine achevée, Etienne fonda une Eglise nationale autonome, dirigée par l'archevêque d'Esztergom et animée par des clercs venus de Bohême ou de Vénétie. Plus étonnant encore, il réussit à préserver l'indépendance de la Hongrie à l'inverse de son voisin tchèque et avec des méthodes plus pacifiques que son homologue polonais.

Mais la fin du règne fut assombrie par la maladie et la douleur causée par la mort de son fils Emeric, sept ans avant lui (1038). Preuve de la difficulté qu'eurent ses sujets à accepter ses réformes, il fallut près d'un demi-siècle pour obtenir sa canonisation (1083). C'était la première fois qu'un souverain n'étant pas mort martyr était porté sur les autels en Occident. Il se trouvait ainsi érigé en modèle pour les générations à venir, pas seulement en Hongrie, mais aussi dans l'ensemble de la chrétienté médiévale.

14 x 22 cm - 564 pages